Malgré un magnifique ciel bleu, malgré un paysage à couper le souffle, un paysage recouvert d’une belle couche de neige, malgré ces jours atypiques où collèges et écoles sont fermés, je vis un intense sentiment de frustration, comme un nuage noir qui s’est enveloppé autour de moi, parce que depuis maintenant plus de deux semaines, je me sens frustré de ne pas pouvoir avancer sur mon chantier. J’arrive à trouver des moments agréables, mais c’est vraiment étonnant comment le destin semble vouloir s’acharner sur la vexation. Quand je n’ai pas de temps libre, toutes les conditions sont là pour que je puisse travailler sur le chantier, et quand j’ai enfin du temps, soit il pleut, soit il neige, soit j’ai un enfant malade, et ça m’empêche d’aller sur le chantier. C’est frustrant. Aujourd’hui, j’ai pu m’échapper cet après-midi, pendant que Soazic gardait les enfants, mais sur le chantier, je voyais bien que ce n’était pas ça, évidemment. Je ne peux pas être bien si je suis dans la fuite. Alors j’ai préparé des barres d’eau, en me disant que ça pouvait toujours servir, et j’ai quand même eu l’impression de me trouver au cœur de la vie, là où ce n’est pas prévu, rien n’est prévu, mais on fait quand même ce qu’on peut, et du mieux qu’on peut, et finalement, c’est assez vivant.



