Toutes les planètes sont alignées ce matin : il ne pleut pas (super rare), je suis en forme physiquement (le renforcement musculaire d’hier fait ses effets), Soazig est disponible la journée pour m’aider, j’ai préparé les bardeaux spéciaux. Tout est là pour pouvoir bien avancer sur le chantier.
Je sens en moi cette énergie, ce besoin de faire qui est à son apogée.
Il fait frais mais pas froid, le ciel est dégagé, on entends les oiseaux qui sont déjà de retour en cet mi janvier., c’est plus tôt que les autres années.
Pourtant je n’arrive pas facilement à rester avec ces douces sensations, quelque chose en moi prend sans cesse le lead, il calcule, mesure, déplace. Comme si un enfant changeait la radio à chaque fois que j’ai le dos tourné, et je prends du temps à chaque fois pour l’entendre.
Je suis hyper motivé, hyper content, j’aimerais aller encore plus vite, d’autant que soazig est là, j’ai envie qu’elle ai tout pour avancer.
Je me rend compte que cette joie n’est pas si naturelle, comme une part en moi sous coke, complètement dopé par les exercices d’hier et le beau temps. Cette part je la reconnais, je la voit maintenant, furtivement mais réellement et pour sans doute la première fois.
Depuis longtemps elle est comme un repère pour moi. Si je ne suis pas dans cet état de full power, je considère que je ne vais pas bien. Évidemment que beaucoup de nuance se sont insérés dans cette mécanique ces derniers mois, et pourtant ce matin j’ai failli encore me faire séduire par son enthousiasme !
Elle est belle, tellement loyale et motivée. Pourtant elle ignore complètement que quand elle tourne comme ce matin, à plein régime , elle tourne toute seule. Elle ignore sans doute qu’elle fait cela pour sauver, détourner l’attention d’un enfant blessé, d’une tristesse, d’un sentiment de défaite ou d’inexistence.
Je me suis tellement identifié à elle depuis si longtemps, j’aime sa superbe, elle me donne cette impression d’être fort, efficace, puissant…
Mais malheureusement, sous elle, tout le monde est écrasé, peu ou pas respecté. Il n’y a que l’efficacité et la productivité qui compte. Elle est magnifique mais unidirectionnelle et totalitaire.
Je suis très heureux de l’avoir vue pour la première fois, je comprends enfin un peu son fonctionnement et son rêve.
Je suis ici et je t’ai vu. Je te propose petit à petit, par petit essais de relâcher les dents, je prends le relai. Je m’occupe du sentiment d’utilité et d’efficacité. Je serai là avec toi et je verrai comment je peux te soulager.
Avec soazig on a bien avance et presque terminé le pan du toit principal ouest.
Je vais commencer la toiture de la chambre qui signera la fin du chantier toiture !


