La nuit n’a pas été fameuse et c’est relativement fatigué que je suis arrivé sur le chantier ce matin. Soazig, m’accompagne, c’est un vrai plaisir de savoir qu’elle me soutient dans ce projet. C’est très agréable de travailler ensemble, on ressent du plaisir à ce que l’on fait et à être ensemble. Mon attitude de bricoleur dominant s’est vraiement esponpé, voire presque disparu. Je cherche le lien aujourd’hui plus que la perfomance. J’ai pensé sur mon toit aujourd’hui que c’est sans doute la distance la plus courante qui existe entre les hommes et les femmes :
Les hommes pensent performance et les femmes lien
Ce matin, on termine le premier pan de toit de la chambre et à 11h30, on commence le deuxième. Après un tout petit peu d’explication, notre équipe est très efficace. Je mesure, elle découpe, je place et en moins d’une heure, toute la rive le long de la noue est posée. Trois à quatre fois plus vite que quand je l’ai fait tout seul.
je me pose quelque fois, en me disant « Je suis vivant avant l’action ». Ainsi je ressens mon vivant neutre, un vivant sans but, juste ici et maintenant. C’est grand et ça change vraiment tout.
J’arrive plus facilement à calmer cette inertie du « faire pour exister« , Je me dis deux, trois mots, comme quand par exemple, il n’y a même pas à avoir peur du vide, vu qu’il n’y en a pas. Ou alors, t’inquiète pas, t’as pas besoin de ça pour exister.
Cependant, ce matin, je sens qu’avec la fatigue de la mauvaise nuit et les questions qui se posent quant à l’organisation du travail pour la deuxième étape, mon corps stresse un peu. Mais quelque part, je suis content de comprendre le processus. de comprendre que une part de moi s’emballe un peu parce qu’elle a peur du manque de performance ou peur du vide. Je n’ai pas besoin de la corriger tout de suite, ni de la corriger tout court. Déjà la voir et la soutenir et l’accompagner, c’est déjà très bien pour moi.
J’ai un sentiment d’excitation qui monte doucement parce que cette toiture se termine. Et c’était quand même une sacrée étape.
Une étape qui m’inquiétait intensément.
En plus du vertige, en plus du fait de d’être tout seul à gérer toutes les questions techniques qui se posaient de n’avoir personne sur qui m’adosser ou déléguer les responsabilités.
Ça a été très lourd à mettre en place. Et finalement j’ai dépassé toutes les questions et tous les problèmes. J’ai réussi une toiture qui, je pense, est efficace, solide et assez jolie.
Elle pourrait être un point de repère pour la suite. Me dire que même si il y a des peurs, des craintes, en agissant, j’ai toutes les capacités pour trouver les solutions nécessaires.
Je suis retourné en fin d’après-midi après la grosse pluie. C’était merveilleux. Le ciel était bleu et j’entame la dernière ligne droite de l’entièreté de la toiture. Malheureusement, il va me manquer des planches, je vais donc commander ça avec le reste.


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