Je suis arrivé au chantier ce matin avec soazig, Il y a un peu de vent, mais on a eu un beau soleil. On avait très froid parce que le vent l’était. Elle m’a aidé à finir le pan principal, ce n’était pas évident de la voir dans le vent, tenir sur des bouts de bois fixes dans les bardeaux.
C’est un vrai changement que j’ai senti en moi ce matin. Un changement tellement important qu’il n’est pas facilement visible : J’ai senti que mon corps n’avait plus besoin de mots. J’ai observé beaucoup de silence dans ma tête ce matin tout en travaillant normalement dans les mêmes conditions que vendredi passé où j’étais très excité et très écrasé par cette part qui veut me faire exister.
Ce matin, c’est le calme qui réside principalement dans ma tête. Même la musique n’est plus nécessaire.
J’avance, je fais et ça ne me change pas !
J’ai eu très peur d’y croire quand je l’ai senti et j’avais surtout peur de le regarder ce changement parce que j’avais très peur qu’il disparaisse ou que ça soit une chimère. Mais force est de constater que j’ai l’impression que c’est quelque chose qui s’est installé et qui a pris sa place. Un assemblage qui fonctionne mieux à l’intérieur de moi, plus simple, plus logique, plus naturel.
Un autre changement important aussi qui a débuté hier, c’est que, une fois arrivé à la maison, je n’ai plus cette joie, cette excitation d’avoir avancé sur le chantier et les petits calculs qui tournent en boucle sur l’avancement du chantier.
Ça paraît peut-être un peu dommage à première vue de ne plus avoir la joie en rentrant à la maison, mais en fait c’est un vrai soulagement d’être ou plutôt de ne pas être attaché à ce chantier pour avoir de la joie. Cette joie était trop présente à mon goût et quelque part gênante parce que c’était plus de l’excitation que de la joie et j’avais l’impression qu’elle prenait la place d’autre chose. En tout cas, aujourd’hui, je suis rentré à la maison et c’était peut-être plus dans le corps, plus quelque chose d’assez diffus que je ressens comme satisfaction d’avoir avancé, plus un soulagement d’avoir fait les étapes que j’ai fait aujourd’hui, plus qu’une excitation. Et ça fait beaucoup de bien d’avoir à nouveau ce silence à la place de mots.


