C’est avec très peu de motivation ce matin que je suis allé au chantier. J’y suis allé très tôt, juste après avoir déposé Capucine. Le vent, le temps était gris, Il ne faisait froid. Rien pour se réjouir de ce côté-là. J’étais pas très motivé, mais sachant que la pluie allait arriver, je me suis dit que j’allais profiter de quelques heures avant qu’elle empêche tout travail extérieur.
Je me suis d’ailleurs dit qu’il était plus facile de de continuer ce dans quoi je me suis lancé, c’est-à-dire ce chantier, plutôt que d’essayer de tergiverser sur d’autres activités qui seraient peut-être plus adaptées suivant mon état physique ou suivant le temps extérieur. Et finalement, j’aurais passé beaucoup d’énergie à choisir autre chose en n’étant jamais très convaincu sûrement de mon choix et en ayant toujours l’impression que que je mets de côté ce chantier. Quelque part, j’étais content d’être là avec toutes mes plaintes. Et finalement, je me suis dit que les inconforts tant qu’ils sont entendus, restent juste des inconforts. Il n’y a rien à interpréter là-dedans. Et tant que je les vois, ça me rassure parce que je ne suis pas dans la fuite.
Je remarque que quelque chose est devenu plus souple en moi, dans mon estomac. Mon estomac continue de crier parfois, mais c’est comme si les enjeux s’étaient calmés, comme s’il n’était plus dans le rouge. Je réalise ce chantier comme je réaliserais autre chose. J’avance, j’y met … un moins grand affect. J’ai l’impression que mes symptômes et mes problèmes se sont assouplis. Ce n’est pas confortable, mais j’ai l’impression que ce n’est plus problématique ni relié à un trauma. C’est à confirmer dans les prochains jours, mais c’est ce que j’ai l’impression de ressentir. Le corps se plaint toujours, mais on est descendu dans des seuils qui ne sont plus de l’ordre de l’alerte.
